« Ras-le-bol »

Quand je suis arrivée dans mon groupe d’encadrement, les élèves étaient survoltés. S’il y avait un superlatif pour ce mot, je serais obligée de l’utiliser. Encore heureuse que ça n’ait pas été un suppléant. Le (la) pauvre aurait mangé ses bas et les élèves auraient couru sur les murs.

Toujours est-il qu’étant encadreur de ce groupe, j’avais des choses pas très plaisantes à leur dire cet après-midi. Depuis quelques temps, le groupe s’en va tout croche. Ils ne travaillent pas bien, ils sont très bavards, ne font pas leurs retenues, etc. J’en ai parlé avec les autres profs et une mise au point s’imposait.

Je commence mon petit discours « vous-z’êtes-pas-gentils-les-amis » et J. lève la main pour poser une question: « On peux-tu jouer à « Ras-le-bol »?? » (C’est un petit jeu qui permet aux élèves de s’exprimer sur une chose qui les frustre. Ils se lèvent et disent: « J’en ai ras-le-bol de… » Ça ne doit pas virer en bitchage et le but n’est pas de faire le procès de personne.) J’ai accepté, mais ils devaient écouter mon petit sermon et suivre les conditions que j’imposais. Ça s’est très bien passé. Il n’y a pas eu de « name dropping« , ils ont été attentifs aux écoeurantites des autres et même qu’à un certain point, j’ai senti que ça allait nous rapprocher. Je n’avais pas tort. À la fin de la période, 2 élèves sont venus me voir pour me remercier de leur avoir permis de s’exprimer.

Mentalement, j’ai pris des notes sur ce qu’ils veulent et j’ai l’intention de partager ces revendications avec mes collègues. Nous sommes des humains et on apprend de nouvelles choses chaque jour. On peut s’améliorer et être de meilleures ressources pour nos élèves. Quand ils sont capables de verbaliser ce qu’ils veulent et comment ils se sentent, je trouve que ça vaut la peine de les écouter et de leur montrer qu’ils sont entendus.

Ce fut un beau moment. Je suis contente d’avoir vécu ça avec mes « ti-pets »!!

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